Entreprise émergente de l’année
King Aquaculture
Originaire de Cap-Lumière, Armand King est pêcheur de métier. C’est en 1969 que lui et ses partenaires d’Huîtres de la Baie du Village tentent de cultiver des huîtres, mais en vain. Après quelques essais infructueux, ils abandonnent cette idée à cause du manque de ressources technologiques de l’époque. On change alors le nom de l’entreprise à Village Bay Sea Products et on se tourne vers les coques et le crabe de roches pour en assurer sa survie.
En parallèle, Armand King pêche jusqu’en 1976. Il travailla aussi pour le Canadian Pacific Railway. Plus tard, il enseigna des cours en administration au Collège des pêches et en 1976, il devient agent de développement communautaire pour Pêches et Océans. En 1986, le programme de développement est coupé chez Pêches et Océans et il fait un retour à la pêche jusqu’en 1996. À sa retraite, Armand se tourne vers Village Bay Sea Products pour combler ses temps libres. Toutefois, après quatre ans, il a besoin d’un nouveau défi.
C’est en 2001 que la province réussit à convaincre Armand King de cultiver des huîtres. Il consulte des connaisseurs de l’industrie et, grâce à des moyens technologiques modernes qui permettent de réduire les risques de pertes. En 2002, il achète 50 000 huîtres prêtes à être cultivées.
La saison suivante, l’entreprise fait passer son nombre d’huîtres à 700 000. L’entreprise en cultive maintenant 1 million et demi par année. « J’trouvais qu’il y avait un potentiel énorme et le marché était là », explique Armand King. En 2007, King Aquaculture sera rendue à sa quatrième année à cultiver 1 million et demi d’huîtres par année. « Je croyais jamais que ça serait comme ça. J’ai commencé ça comme un passe-temps », explique Armand.
Puisque la production d’huîtres est un processus qui prend près de quatre ans avant de porter fruit, le défi pour King Aquaculture est d’investir avant de pouvoir tirer un profit de la culture. Il aura fallu un investissement initial de près de 800 000 $ avant d’être capable de récolter des dividendes. De plus, du printemps à l’automne, l’entreprise embauche cinq personnes pour s’occuper des cages sur l’eau et quatre personnes, de huit à dix semaines, pour nettoyer les cages. King Aquaculture s’est aussi dotée d’un système qui permet de sortir rapidement les cages d’huîtres dès l’arrivée du printemps.
Selon Armand, il est crucial d’être tenace et d’avoir de l’ambition pour réussir en affaires.
Il insiste pour dire qu’il a été choyé d’avoir les moyens de prendre le risque financier pour poursuivre son rêve de retraite. Il croit aussi que les gens ont encore beaucoup à offrir même s’ils ont atteint l’âge traditionnel de la retraite.
Armand avoue qu’il y a encore un manque d’éducation du public quant à l’aquaculture.
Son but est de prouver que les gens du sud-est du Nouveau-Brunswick sont capables d’élever des huîtres autant que n’importe qui. Aujourd’hui, King Aquaculture est le fournisseur principal d’huîtres de Village Bay Sea Products. Cette entreprise, quant à elle, fera sous peu la distribution de produits à valeur ajoutée sous la bannière President’s Choice.
D’ici trois ans, Armand King prévoit que les produits dérivés de la culture d’huîtres devraient équivaloir à un tiers du chiffre d’affaires de Village Bay Sea Products. Il estime que 75 pour cent des huîtres cultivées peuvent être mises en marché après quatre ans de culture puisqu’une nouvelle loi spéciale permet maintenant aux producteurs d’huîtres de vendre leurs produits à une plus petite taille.
Félicitations à l’entreprise émergente de l’année, King Aquaculture! |